Un Ministre algérien ouvertement antisémite
Scandaleuse, répugnante, indéfendable, et surtout… décevante, alors que nous sommes en 2007. L’interview du Ministre algérien des Moudjahiddines (Anciens Combattants) Mohamed Cherif Abbés publiée par le journal El Khabar lundi dernier fait froid dans le dos, tant l’antisémitisme primaire qui en ressort n’est pas digne d’un responsable politique de haut niveau, plus de 60 ans après le drame de la Shoah. Rappelons qu’en 1897, Emile Zola écrivait ceci dans sa Lettre à la Jeunesse :
«Des jeunes gens antisémites, ça existe donc, cela ? Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ? Quelle tristesse, quelle inquiétude, pour le vingtième siècle qui va s'ouvrir !»
Que dirait Emile Zola après un vingtième siècle qui a connu le paroxysme du déchaînement de la haine et de la violence antisémite ? Que dirait Emile Zola d’un troisième millénaire qui débute sans s’être débarrassé de ce poison imbécile qu’est l’antisémitisme ?
Double Regard a reproduit à la suite de ce post l’intégralité de l’interview donnée par Mohamed Cherif Abbés au journal El Khabar, également consultable sur le site Internet du quotidien algérien :
http://www.elkhabar.com/FrEn/lire.php?ida=88402&idc=51&date_insert=20071125
A noter que les passages en gras le sont par les soins de Double Regard.
Le ministre des Moudjahiddines, Mohamed Cherif Abbés, à El Khabar
La venue de Macias est une provocation, au même titre que fût celle du traitre Mekachra
Certains responsables se sont précipités en approuvant le projet de Sarkozy
Le ministre des Moudjahiddines, Mohamed Cherif Abbés, n’a pas dissimulé son opposition aux positions de certains responsables qui ont appuyé le projet du président français « l’union méditerranéenne ». Il indique dans une interview accordée à El Khabar que ce projet « ne reflète pas la position officielle de l’Algérie », ajoutant que la normalisation des relations avec la France ne se fera pas durant l’ère Sarkozy. Il a, par ailleurs, abordé la question de la remise des plans des mines, les excuses et le rôle du lobby juif dans la décision française.
El Khabar : Dans quel contexte placez-vous la visite de Nicolas Sarkozy, le mois prochain ?
Mohamed Cherif Abbés : C’est une visite de courtoisie, sans plus, qui vise à garder les relations bilatérales actuelles en attendant de voir ce que nous réserve l’avenir.
El Khabar : Cela signifie-t-il que des relations de parité entre Alger et Paris ne sont pas envisageables ?
Mohamed Cherif Abbés : Au jour d’aujourd’hui cela n’est pas envisageable, les français ne son pas prêts et en particulier durant le mandat de M. Sarkozy. Vous connaissez les origines du président français et les parties qui l’ont amené au pouvoir. Saviez-vous que les autorités israéliennes avaient mis en circulation un timbre à l’effigie de Nicolas Sarkozy, en pleine campagne électorale ? Le gouvernement d’ouverture que dirige M. Sarkozy, qui a vu plusieurs personnalités de gauche rejoindre un gouvernement de droite soulève plusieurs interrogations comme pourquoi Bernard Kouchner a décidé de sauter le pas, cela ne s’est pas fait pour des croyances personnelles. Ceci était le résultat d’un mouvement qui reflète l’avis des véritables architectes de l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, le lobby juif qui a le monopole de la décision en France.
El Khabar : Certains estiment que la remise des plans des mines de l’ère coloniale est un geste qui reflète les bonnes intentions de la France, alors que d’autres voient que cela ne vise qu’à racheter des erreurs. Etes-vous d’accord ?
Mohamed Cherif Abbés : Je crois que la remise des plans des mines n’est rien d’autre qu’un coup de pub et je ne vois en aucun cas de bonnes intentions en cela. Cependant cela peut être perçu comme un aveu de la France, elle reconnaît ainsi que la guerre menée en Algérie n’a rien d’honorable, car elle a utilisé des procédés barbares comme les mines.
El Khabar : Sarkozy a appelé les pays du bassin méditerranéen, anciennes colonies de son pays, à tourner la page et à se concentrer sur le projet de l’union méditerranéenne qu’il considère comme l’avenir de la région. N’est ce pas une approche pragmatique qui sert l’Algérie dans un monde d’intérêts ?
Mohamed Cherif Abbés : Il cherche une politique qu’il peut « sarkoziser » et je crois qu’il s’est un peu précipité. En tout cas il a le droit de lancer tout les projets qu’il veut, mais ce qui nous importe c’est sa politique vis-à-vis de l’Algérie. A mon avis, si la France ne reconnaît pas les crimes qu’elle a commis en Algérie, une normalisation ou une réconciliation n’est pas envisageable. Les relations ne dépasseront pas le cadre des échanges commerciaux. Parler d’un traité d’amitié ou de réconciliation sans excuses ?...impossible.
El Khabar : Que pensez-vous de la position algérienne concernant ce projet ?
Mohamed Cherif Abbés : Certains responsables se sont précipités en approuvant ce projet. La position de l’Etat n’a pas changée, il ne reconnaît pas ces projets car il ne connaît pas leur contenus. Pour faire court nous n’approuvons pas et nous ne refusons pas…telle est la position officielle.
El Khabar : L’arrivée d’Enrico Macias en Algérie a déclenché une polémique, que pensez-vous de cette visite ?
Mohamed Cherif Abbés : l’arrivée de Hamlaoui Mekracha, ex ministre des anciens combattants avec Jaques Chirac était une provocation. La venue d’Enrico Macis est une provocation mais à un degré moindre car il n’est pas d’origine algérienne, contrairement au premier qui a été considéré comme un traitre. Je crois que Enrico Macias ne fera pas partie de la délégation qui va accompagner M. Sarkozy.




