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05/09/2007

A quand le tour de la France ?

L’Allemagne vient de déjouer, avec la coopération des services secrets de différents pays, des attentats sur son sol. Trois suspects préparaient des bombes pour faire sauter l’aéroport de Francfort, et différents lieux fréquentés par des Américains. Ces attentats, s’ils avaient été réalisés, auraient été d’un niveau comparable à ceux de Madrid en 2004 et Londres en 2005.

   

A cette liste d’attentats, il faut ajouter ceux de Londres et Glasgow, sur le sol britannique, en juin 2007. Ils avaient été déjoués d’extrême justesse.

    

Les pays visés sont tous sur le continent européen. Ils visent soit des personnes ou des intérêts des pays concernés ou des Etats-Unis. Il apparaît beaucoup plus difficile en ce moment de s’en prendre directement aux USA, alors les terroristes vont au plus court et au plus rapide. L’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne, trois pays d’Europe de l’Ouest. Parmi les « grands » pays ne manquent que la France et l’Italie. Ce serait présomptueux de penser que ces deux pays sont immunisés par des projets d’attentats.

   

Certes, les services de renseignements et de contre-espionnage semblent efficaces (la preuve : depuis deux ans, aucun attentat de grande ampleur) mais, face à un terrorisme mouvant, j’aimerais bien savoir pour combien de temps encore la France ne va toujours pas se sentir concernée. Ce n’est pas sa non-participation à la guerre en Irak qui la sauvera, surtout depuis que son Président de la République donne des signes d’américanite aiguë.

   

Je ne dis pas que tous les Français s’en moquent, loin de là, mais tant que ce n’est pas chez eux, ça les concerne moins. Il n’y a pas lieu d’alarmer les foules non plus.

   

Mais franchement de nombreux blogs ont relayé des informations passionnantes : l’accrochage en scooter d’un des fils de N. Sarkozy, ou le nom de la nouvelle compagne de F. Hollande, ou encore toutes les polémiques stériles qui ont tourné autour des vacances de notre Président de la République. Mais combien de blogs parlent du terrorisme ? des causes, des problèmes que cela engendre, des risques, etc., etc., etc. ? Non, se limiter à des sujets faciles est le moyen d’obtenir de l’audience rapidement, et puis on ne se casse pas trop la tête, on se fait plaisir, ça défoule de taper sur un pantin.

   

Bref, mon propos n’était pas originellement sur le choix des sujets par les blogueurs, mais sur le terrorisme rampant de nature islamiste et les menaces qu’il fait planer sur les pays d’Europe de l’Ouest. Quelle sera leur réponse ? Et quand arriveront-ils à en donner réellement une ?  Nous n’aurons la réponse à ces questions que dans plusieurs années.

   

28/08/2007

Toujours pas de gouvernement en Belgique !

Depuis notre dernier post sur la Belgique, qui date du 25 juillet, le nouveau gouvernement n’est toujours pas formé et celui de Guy Verhofstadt, démissionnaire depuis le 11 juin dernier, continue encore d’expédier les affaires courantes.

 

Yves Leterme, le chef des Chrétiens-Démocrates Flamands (CDV), avait été désigné formateur d’un nouveau gouvernement par Albert II. Il a démissionné de ce poste jeudi dernier (23 août 2007), soit quarante jours après sa désignation. Il a donc échoué à former un nouveau gouvernement, ceci en raison de l’opposition persistante entre Flamands et Francophones. Ceux-ci n’arrivent pas à se mettre d’accord sur certains dossiers, notamment sur la réforme de l’Etat (plus d’autonomie ou non ?).

Il appartient maintenant au Roi des Belges, Albert II, de sortir le pays de la crise dans laquelle il se trouve. Il est donc, pour ce faire, en train de réunir jusqu’à mercredi un « Conseil de la Couronne », composé de Ministres d’Etat, chargé de conseiller le Roi pendant des périodes exceptionnelles, Conseil qui s’est réuni seulement cinq fois depuis la naissance du Royaume et, la dernière fois, au moment de la décolonisation du Congo Belge en 1960.

 

   

Cette crise peut aboutir à plusieurs situations.

   

Il peut y avoir éclatement du pays et séparation de la Flandre d’avec la Wallonie. Dans ce cas, le problème de la région de Bruxelles-Capitale serait posé, les Bruxellois n’étant attachés à aucune des deux régions. Si éclatement il devait y avoir, le modèle de séparation des Flamands nationalistes est celui de la partition de la Tchécoslovaquie en 1992 qu’on a appelé Révolution de Velours car elle ne s’est faite ni dans les larmes ni dans le sang.

Certes, 40 % des Flamands, selon un dernier sondage, sont favorables à la scission de la Flandre et de la Wallonie (lien). Reste alors que 60 % y sont opposés. Il apparaît, dans ce cas, très prématuré de penser à un éclatement du pays.

 

 

Pour l’instant, le problème urgent est de former un gouvernement. L’alliance entre Chrétiens-Démocrates et Libéraux qui a été seulement évoquée jusqu’à maintenant a fait long feu. Dorénavant, d’autres alliances vont être évoquées et sont susceptibles d’être formées.

Le Flamingant Yves Leterme croit toujours en ses chances de former un nouveau gouvernement, malgré les critiques que lui ont adressées les autres partis. Il a visiblement très mal géré les négociations entre partis : il serait lunatique, incapable de gérer son agenda, incapable de donner une ligne de conduite aux travaux, incapable jusqu'ici de proposer des solutions de compromis. Le Francophone Didier Reynders, lui, a essayé de pousser un duo de médiateurs : Langendries - De Croo, ce qui a échoué.

 

Tout est envisagé, même un gouvernement à majorité simple, pour une période de deux ans puis de lier des nouvelles élections (scrutin fédéral) aux élections régionales prévues.

 

Si la crise n’est pas résolue assez vite, on peut s’attendre à ce qu’elle prenne un tour beaucoup plus incertain. Pour l’instant, chaque camp attend que l’autre fasse le premier pas. Si cela ne se produit pas, et qu’une figure politique acceptable par les deux camps n’est pas trouvée, la crise durera, avec des conséquences imprévisibles.

 

25/07/2007

Les Flamands, les Wallons et la Belgique

Il y a deux jours, je vous parlais d’Yves Leterme et de son humour d’assez mauvais goût. Depuis, il s’en est excusé, sous la pression médiatique, mais point trop n’en faut, il a adressé ses excuses seulement en flamand et a refusé de les réitérer en français. Yves Leterme, malgré son nom et son père, se sent réellement flamand. Mais, avant d’expliquer « le cas Leterme », il nous faut comprendre la différence qui existe entre Flamands et Wallons et, donc, nous replonger dans l’histoire.

   

   

En 1815, Napoléon Ier est défait par l’Europe à Waterloo, les Pays-Bas deviennent le Royaume des Pays-Bas et contient les Pays-Bas actuels, la Belgique et le Luxembourg actuels. En 1830, une partie des Pays-Bas se révolte. Cette révolte a plusieurs causes, dont une des principales est la religion (protestante au nord, catholique au sud) et conduit à la scission des Pays-Bas avec, d’un côté, les Pays néerlandais (à religion protestante) et, de l’autre côté, le Royaume de Belgique (à religion catholique). Le Luxembourg est différencié mais rattaché à la Couronne des Pays-Bas (avec des règles de succession différentes : contrairement aux Pays-Bas, une femme n’avait pas le droit en 1890 de régner sur le Luxembourg).

   

Lire la suite "Les Flamands, les Wallons et la Belgique " »

23/07/2007

La grosse boulette de Leterme

Samedi dernier, c’était la fête nationale de la Belgique. Oui, oui, ce pays là au nord-est de la France. Pays certes petit par la taille mais très complexe…

    

Donc la Belgique fêtait sa fête nationale, comme tous les ans. C’est le 21 juillet, et, d’après un sondage, seuls 20% des Belges savent ce que cette fête commémore. Vous, Français, votre (notre) fête nationale est le 14 juillet, et je suis sûre que plus de la majorité sait de quoi il s’agit : la commémoration de la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 (qui elle-même commémore la prise de la Bastille). Et, de même, vous devez connaître l’hymne national, la Marseillaise, dont les deux premières vers sont ‘Allons enfants de la patrie, Le jour de gloire est arrivé’. Et on peut être à peu près sûrs que la classe politique dans son ensemble connaît également ces points d’histoire.

   

Bref, au moment où on parle d’identité nationale en France, il est bon de rappeler que les Français, eux au moins, connaissent leurs symboles.

   

    

En Belgique, par contre, ça n’a pas l’air d’être le cas….

Dans la vidéo qui suit, vous allez vous rendre compte que plusieurs responsables politiques n’ont aucune idée de pourquoi ils vont à la messe le 21 juillet, (et pourquoi pas plutôt le 18 juin ou le 14 juillet). Pire encore, il y a même Yves Leterme qui pense que La Brabançonne (l’hymne national belge) commence par ces vers ‘Allons enfants de la patrie, Le jour de gloire est arrivé’. Ca ne vous rappelle rien ?

Là, le bonhomme en question est vraiment une honte…. Le pire, c’est qu’il n’a même pas eu l’air de le faire exprès…

 

 

Puisque je n’arrive pas à mettre l’image de Dailymotion directement, cliquez ici pour accéder au reportage de la RTBF.


Ce qui va m’amener dans un prochain post à éclairer de mon modeste savoir les relations que les Belges entretiennent avec la Belgique.

    

28/06/2007

Les relations compliquées de la Turquie et de l'Union Européenne

Cela fait plusieurs mois que je veux en parler, mais … je n’ai pas une opinion très tranchée à ce sujet.

 

Faut-il intégrer la Turquie à l’Union Européenne ?

   

C’est un sujet qui déchaîne les passions, mais qui n’est pas à proprement parler d’actualité. Alors, pourquoi en parler maintenant ?

Parce qu’on voit bien, dès qu’on parle de l’Europe, sa constitution, son fonctionnement, son avenir, le sujet de la Turquie revient –à bon ou mauvais escient- sur toutes les lèvres.

   

Il existe plusieurs points qui plaident pour l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.

   

Lire la suite "Les relations compliquées de la Turquie et de l'Union Européenne " »

23/06/2007

La Pologne nous casse les c… !

Rien d’anti-polonais dans mon propos. … ou presque.

La Pologne est un pays que j’ai visité plusieurs fois, y faisant a chaque fois de longs séjours, en 2000 et 2001, avant son entrée dans l’Union Européenne donc. C’est un pays que j’aime beaucoup, aucun doute là-dessus. Je me souviens de rencontres faites avec des Polonais de tout âge, qui parlaient une langue étrangère (parce que, moi, je n’ai jamais réussi à aligner plus de deux mots en polonais).
Bref, j’ai découvert ce pays, et ses habitants, quelques années avant son entrée dans l’UE. Ils regardaient les Européens comme des gens sur qui prendre exemple. Le communisme était tombé une dizaine d’années auparavant, et leur regard se posait sur les Européens de l’Ouest. Ils voyaient le chemin qui leur restait à accomplir pour arriver au niveau (économiquement parlant) de l’UE, ne sous-estimaient pas la tâche, et les jeunes étaient prêts, impatients même, à en découdre.

Aujourd’hui, qu’est devenue la Pologne ?
En mai 2004, en même temps que neuf autres pays, la Pologne est entrée dans l’Union Européenne, les Polonais peuvent, avec quelques restrictions, voyager et travailler dans n’importe quel pays. C’est une vraie victoire.
Ils ont élu des jumeaux à leur tête, Lech (le president) et Jaroslaw (le Premier ministre) Kaczynski, des anciens de Solidarnosc (qui se sont brouilles avec Lech Walesa). Ils ont un gouvernement très conservateur, qui croit en la valeur de la famille et surtout qui croit en la grandeur de la Pologne. Je n’ai rien du tout contre la famille, bien au contraire, c’est une valeur qui a prouvé son utilité, mais vouloir imposer une référence familiale dans un traité constitutionnel, ce n’est peut-être pas très utile ?

Et puis la Pologne a décidé qu’elle était de la même taille, diplomatiquement parlant, que l’Allemagne. Un vieux contentieux historique entre ces deux pays fait que la Pologne ne reviendra pas sur ses exigences, elle ne veut pas plier devant l’Allemagne, et elle entend le faire savoir. L’Allemagne a fait, aujourd’hui même, des concessions sur le système de vote au sein de l’UE. Que dalle, les Polonais n’ont rien voulu entendre. Et voilà comment un pays de même pas 40 millions d’habitants bloque un « mini-traité » ou « traité au rabais ».

Donc nous avons 27 pays membres de l’Union Européenne, 26 semblent d’accord sur quoi inclure dans le traité, un seul fait obstruction. Et donc la construction européenne est, une fois de plus, bloquée.

Il n’y a pas à dire, cette attitude est vraiment la preuve que l’Europe doit être réformée pour pouvoir avancer. Il semblerait que la chancelière allemande a créé une conférence intergouvernementale qui regroupe tous les pays membres de l’UE sauf, bien entendu, la Pologne. Au moins ce pays va être isolé et c’est à espérer qu’il va en prendre conscience. Parce que ce genre d’attitude, de la part d’un ancien pays d’Europe de l’Est ne peut que provoquer de vives réticences de la part des Européens de l’Ouest. Et là, le moteur de la construction européenne serait irrémédiablement grippé.