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19/03/2008

Promotions et sang neuf dans Fillon III

Annemarieidrac

Anne-Marie Idrac, ancienne présidente de la SNCF, a été nommée secrétaire d'Etat au Commerce extérieur.

Eric Besson, secrétaire d'Etat chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques, s'est vu adjoindre le développement de l'Economie numérique.

Jean-Marie Bockel, précédemment secrétaire d'Etat à la Coopération, a été nommé secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens combattants.

Alain Marleix, précédemment secrétaire d'Etat à la Défense chargé des Anciens combattants, devient secrétaire d'Etat à l'intérieur et aux collectivités territoriales.

Le Député-Maire de Vesoul Alain Joyandet, secrétaire national de l'UMP chargé des fédérations, a été nommé secrétaire d'Etat à la Coopération et la Francophonie.

Nadine Morano, porte-parole de l'UMP, a été nommée secrétaire d'Etat à la Famille.

Yves Jégo, porte-parole de l'UMP, a été nommé secrétaire d'Etat à l'Outre-mer.

Christian Blanc a été nommé secrétaire d'Etat chargé du développement de la "Région Capitale".

Luc Chatel, secrétaire d'Etat au Tourisme et à la Consommation, a été nommé porte-parole du gouvernement, secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation.

Le Maire de Toulon, Hubert Falco, a été nommé secrétaire d'Etat à l'aménagement du territoire.

Laurent Wauquiez, précédemment porte-parole du gouvernement, a été nommé secrétaire d'Etat à l'Emploi.

Douze membres du gouvernement voient par ailleurs l'intitulé de leur portefeuille se modifier légèrement.

24/02/2008

La persistance de la question sociale

Social

Le déclin de la pensée de gauche, et notamment communiste, ne doit en aucun cas être l’occasion de mettre au second plan de l’action publique la question sociale. Ce postulat peut apparaître une évidence, la gauche ne disposant pas du monopole de le question sociale. Cependant, force est de constater qu’une partie à mes yeux trop importante des partis de droite français tend à minimiser voire occulter la place primordiale des questions sociales dans l’élaboration des politiques publiques. Plus que les inégalités, ce sont les injustices qu’il convient de combattre, même si bien souvent, les inégalités sont synonymes d’injustices. Certaines inégalités ne sont pas à mes yeux choquantes : il est tout à fait normal qu’un pilote d’avion de ligne gagne davantage qu’un steward. Chacun a sa place et un rôle prépondérant dans la réussite d’un vol commercial, mais la responsabilité qui pèse sur un pilote est bien évidemment plus lourde que celle qui pèse sur un steward. L’inégalité de salaire entre le pilote et le steward ne constitue pas à mes yeux sur le principe une injustice. Par contre, si le steward ne reçoit pas une juste rémunération lui permettant de vivre décemment, il y aura dans ce cas une réelle injustice. En outre, même si le steward perçoit une rémunération décente, mais que le différentiel de rémunération entre le pilote et le steward atteint des niveaux démesurés, il y aura également existence d’une injustice.

La pensée de gauche a joué un rôle primordial dans l’analyse de la question sociale. Elle n’en a nullement le monopole. Le libéralisme économique peut tout à fait être régulé pour permettre d’apporter des réponses satisfaisantes à la question sociale. Cette régulation passe notamment par le maintien d’un SMIC à un niveau décent, par des dispositifs incitatifs de l’Etat envers les entreprises à la conclusion de contrats de travail à durée indéterminée, par la prise en compte du pouvoir d’achat réel des salariés dans la revalorisation du SMIC, par une réforme du syndicalisme permettant une véritable représentativité des salariés.

Le mariage de la performance économique et de la question sociale, l’économie au service du social, donc de l’homme, doit passer par la marginalisation de l’archaïsme d’une vieille gauche pour qui l’économie libérale ne peut être que contraire aux intérêts de la classe ouvrière. Ce mariage doit également passer par la marginalisation des représentants d’une pensée économique ou le profit et la finance sont les seuls et uniques critères de toute décision aussi bien au niveau politique que de l’entreprise.

Patrick Le Hyaric, Directeur de l’Humanité, évoque dans son éditorial de l’Humanité Hebdo de la semaine du 21 au 27 février 2008 la question sociale en invitant le lecteur à réfléchir sur l’affirmation suivante, à la suite d’une photographie d’une ouvrière de 50 ans, que l’on imagine aisément travailler dans le Nord Pas de Calais dans l’industrie métallurgique (une image d’Epinal d’une France ouvrière et industrielle aujourd’hui menacée par la mondialisation) : « Que celui qui est capable d’expliquer pourquoi un individu gagne 514 fois plus qu’un autre lève le doigt ! »

A titre personnel, je suis tout à fait capable d’expliquer et de justifier qu’un individu gagne plus qu’un autre, que cela soit deux fois, cinq fois, dix fois ou même trente fois plus. Il est indéniable que certains individus apportent davantage à la société que d’autres. Mais il y a des limites à tout principe, et une décence à maintenir. Gagner 514 fois plus qu’un autre individu apparaît difficilement justifiable sur des bases liées au mérite et à l’équité. Un tel différentiel illustre tragiquement les dérives d’un ultracapitalisme qui par de tes excès devient non seulement sauvage mais également barbare.

14/02/2008

Femmes de talents pour nouveau gouvernement

Alors que s’annonce un prochain remaniement du gouvernement Fillon à l’issue des élections municipales de mars 2008, la nécessité de respecter tant bien que mal la parité au sein du futur exécutif apparaît un véritable casse-tête pour Nicolas Sarkozy et Claude Guéant. Alors que Christine Albanel et Christine Lagarde sont données sur le départ, Michèle Alliot-Marie longtemps citée comme future exclue du prochain gouvernement possède désormais la quasi certitude d’être reconduite au sein du gouvernement Fillon III (ou Bertrand I ou encore Darcos I de manière très improbable compte-tenu de la popularité de l’actuel locataire de Matignon). Certes, les femmes sont très nettement moins nombreuses que les hommes à occuper des mandats électifs tant nationaux que locaux. Il n’empêche… les talents ne manquent pas parmi les élues et personnalités françaises aptes à occuper des responsabilités gouvernementales. Quelques exemples suffisent à s’en persuader :

Fabienne Keller, Sénatrice-Maire de Strasbourg, vice-présidente du conseil régional d’Alsace entre 1998 et 2002, polytechnicienne et ancienne élève de l’Ecole nationale du génie rural et des eaux et forêts, capitaine de corvette de réserve, pourrait exceller dans de nombreux ministères comme à celui de la Défense, celui de l’Agriculture et de la Pêche ou encore celui des Collectivités territoriales.

Claude Greff, Députée d’Indre-et-Loire, pourrait prendre la tête d’un Secrétariat d’Etat dans le domaine de la Santé auprès de Roselyne Bachelot-Narquin qui n’a aucune raison de ne pas être reconduite dans le gouvernement Fillon III.

Maryse Joissains-Masini, Avocate et Députée-Maire d’Aix-en-Provence, oratrice de premier plan à l’Assemblée Nationale, excellerait dans le rôle de porte-parole du futur gouvernement.

La Députée-Maire du Cannet (Alpes Maritimes) Michèle Tabarot pourrait devenir Ministre de la Famille de par l’expérience qu’elle a pu développer dans ce domaine en tant que parlementaire.

Marie-Thérèse Geffroy, Professeur agrégée de lettres classiques, ancienne conseillère en formation continue, Directrice de l’Agence Nationale de Lutte contre l’Illettrisme, ancienne conseillère régionale de Rhône-Alpes, ex-Maire d’arrondissement à Lyon, aurait toute sa place rue de Grenelle.

L’avocate et Députée-Maire de Gujan-Mestras (Gironde) Marie-Hélène Des Esgaulx pourrait sans grandes difficultés trouver sa place dans le futur gouvernement.

Au niveau de l’ouverture à gauche, l’économiste et députée de Guyane Christiane Taubira-Delannon pourrait faire preuve de ses talents auprès du futur patron de Bercy. La Présidente du Directoire d’Areva Anne Lauvergeon, classée 8ème femme la plus puissante du monde en 2006 par le magazine Forbes, et l’ancienne secrétaire générale de la CFDT Nicole Notat, déjà pressenties lors de la constitution des deux premiers gouvernements Fillon, ont acquis depuis longtemps l’expérience et le savoir-faire indispensables à l’exercice de toute fonction ministérielle.

Et pourquoi ne pas oser l’ouverture vers les Libéraux en nommant la très jeune mais audacieuse Sabine Hérold à un Secrétariat d’Etat en charge de la simplification des relations entre l’Administration et ses usagers ? Un domaine où le pragmatisme et l’efficacité de l’égérie d’Alternative Libérale pourraient porter leurs fruits.

Les anciennes Ministres Margie Sudre, Nicole Ameline, Catherine Vautrin, Nicole Fontaine, Brigitte Girardin, Nicole Guedj, Marie-Josée Roig, Dominique Versini ou encore Catherine Colonna pourraient faire leur retour au gouvernement et faire profiter ainsi le nouvel exécutif de leur expérience antérieure aux plus hauts sommets de l’Etat.

De jeunes talents comme Roxane Decorte ou encore Lynda Asmani doivent en outre également avoir l’opportunité de contribuer à féminiser, rajeunir et diversifier les profils des ministres de demain.

Messieurs Sarkozy, Fillon et Guéant, la balle est dans votre camp !

21/11/2007

Pour une autre politique des transports dans les DOM antillais

Aroport_fdf

J’ai eu l’occasion il y a de cela quelques semaines d’évoquer sur ce blog la question du coût de la vie dans les départements et collectivités d’outre-mer, dénonçant notamment une surtaxation de tous les produits d’accès à l’information et à la culture, presse et livres en particulier.

Je souhaiterais aborder à présent la problématique des transports dans les DOM, en prenant l’exemple des Antilles françaises. L’essor des infrastructures de transports constitue un facteur de développement primordial, a fortiori pour des régions insulaires comme l’archipel de la Guadeloupe ou l’île de la Martinique.

A ce jour, force est de constater que les Antilles françaises disposent de plates-formes aéroportuaires modernes, permettant à la fois une desserte régionale (zone Caraïbes)et des liaisons quotidiennes multiples avec la Métropole grâce à la présence de plusieurs compagnies aériennes sur les lignes Pointe-à-Pitre – Paris et Fort-de-France – Paris (Air France, Air Caraïbes et Corsair). Les liaisons Antilles - Métropole constituent l’essentiel du trafic passagers des aéroports de Guadeloupe Pôle Caraïbes (Pointe-à-Pitre Le Raizet) et Martinique Aimé Césaire, permettant notamment à l’aéroport de Fort-de-France (antérieurement dénommé «Le Lamentin») de se hisser à la huitième position des aéroports français en terme de trafic passagers. Le fait que les rotations Métropole - Paris constituent l’essentiel du trafic des aéroports de Pointe-à-Pitre et Fort-de-France n’est pas neutre politiquement. En effet, l’avion représentant le principal moyen de transport vers l’extérieur pour les habitants de la Guadeloupe et la Martinique, cette prépondérance montre bien que le développement des Antilles françaises passe avant tout par la Métropole, au dépends de l’intégration des DOM antillais dans la zone Caraïbes. Pour mémoire, la plupart des Etats indépendants de la zone Caraïbes sont membres d’une zone de libre-échange économique dénommée Caricom.

La compagnie Air Caraïbes, entreprise participant à l’essor d’une conscience politique antillaise (les messages d’accueil dans les avions de cette compagnie sont à la fois en français, en anglais et en créole : imaginerait-on un vol Paris-Brest avec une annonce en breton, même à bord de Brit’Air ?), a choisi de relever le défi de la pleine intégration des Antilles françaises dans la zone Caraïbes, par la desserte de nouvelles destinations en Amérique centrale (Panama City, San José), au Brésil (Belem) et dans les Etats indépendants antillais (Port-au-Prince, Castries). Le slogan d’Air Caraïbes est d’ailleurs «donner des ailes aux Antilles». Peu de temps après la mise en place de ces nouvelles dessertes, Air France proposait l’ouverture de nouvelles lignes vers les mêmes destinations, suscitant l’ire d’élus antillais qui auraient préféré une complémentarité plutôt qu’une concurrence dans l’offre des destinations proposées aux Guadeloupéens et aux Martiniquais. Pourquoi ne pas ouvrir une ligne régulière vers New-York ? Vers le Canada ? Derrière ces choix qui pourraient paraître anodins, existe une politique des transports issue de la Métropole qui vise à ne pas favoriser l’émergence de liens trop forts, notamment économiques, entre les DOM antillais et les Etats indépendants de la zone Caraïbe et d’Amérique du Nord. Il est vrai que le poids des mouvements autonomistes est tel, surtout en Martinique, que Paris ne voit pas nécessairement d’un bon œil un développement trop important de relations commerciales entre les DOM et des Etats indépendants qui pourraient constituer un argument supplémentaire en faveur de davantage d’autonomie voire d’une indépendance.

Après avoir longuement évoqué la question des transports aériens en Guadeloupe et en Martinique, il convient de regarder, même plus succinctement, ce qu’il en est des autres moyens de transports. Les liaisons maritimes entre les différentes îles des Antilles françaises existent et apparaissent satisfaisantes. L’archipel de la Guadeloupe est ainsi très bien desservi au niveau des liaisons maritimes proposées. A noter que des liaisons maritimes avec les îles voisines de la Guadeloupe et de la Martinique (Dominique et Sainte-Lucie notamment) existent de manière régulière.

Concernant le train, personne ne sera surpris de l’absence de ce mode de transports dans des îles aux superficies relativement réduites. Reste donc le transport terrestre de passagers, pour lequel un carton rouge est à délivrer à la fois à l’Etat et aux collectivités territoriales quant à l’insuffisance criante de transports collectifs terrestres dignes de ce nom en Guadeloupe comme en Martinique. Les embouteillages de voitures individuelles aux abords de Fort-de-France sont devenus mémorables, résultant de l’absence d’alternatives satisfaisantes à la possession par chaque foyer voire habitant d’un véhicule individuel. Pour poursuivre l’exemple de la Martinique, seuls les taxis collectifs assurent des liaisons à l’intérieur de l’île, en partant ou arrivant nécessairement de ou à Fort-de-France. Cela signifie que tout trajet entre deux communes autres que Fort-de-France nécessite un transit par le chef-lieu de la Martinique. A l’heure du Grenelle de l’Environnement, il serait souhaitable que l’ensemble des acteurs publics de Guadeloupe et de Martinique se mettent autour de la table pour proposer une réelle offre de transports collectifs intercommunaux dans les Antilles françaises, qui correspond à un réel besoin pour les habitants et qui s’avèrerait profitable à la fois pour le pouvoir d’achat des Domiens (le coût d’achat et d’entretien d’un véhicule privé est très élevé) et pour l’environnement. Il semblerait que l’absence de liaisons collectives intercommunales autres que les taxis collectifs découle de dissensions entre les conseils généraux et régionaux de Guadeloupe et de Martinique sur les entités qui seraient amenées à financer les réseaux d’autobus indispensables. Ce point reste à vérifier car résulte uniquement de l’analyse d’un Martiniquais rencontré au cours d’un récent voyage.

Toujours est-il que les transports en commun municipaux ne sont pas toujours défaillants. A titre d’exemple, la commune martiniquaise de La Trinité dispose d’un réseau de transports en commun interurbains qui couvre l’ensemble du territoire communal.

En matière de politique de transports dans les Antilles françaises, l’extension des villes desservies par la voie des airs dans des territoires extérieurs à la France et la création de véritables réseaux de bus intercommunaux reste plus que jamais d’actualité.

18/11/2007

Le beau est éminemment politique

Poissons_martinique

Le beau est éminemment politique. Le rêve aussi. Les deux photos jointes à ce post sont de simples clichés de voyages: un fonds marin à faible profondeur en Martinique, accessible avec de simples lunettes de plongée, et le portrait d’une petite fille pris sur le toit d’une maison blanche du quartier juif de Fes au Maroc.

Ces deux photographies sont pour moi source d’émerveillement, de beauté, du «Vrai». Le sourire d’un enfant est probablement la plus belle chose au monde. Un fonds marin est dans un autre registre source d’émerveillement. Ces deux clichés illustrent parfaitement la base de ma conscience politique : l’humanisme et l’écologie.

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L’émotion face à ces deux clichés ne peut qu’influer notre conscience politique et nos actes. Si l’on s’émerveille face à un fonds marin, comment ne pas être sensibilisé à sa fragilité, et par conséquent à la nécessité de s’engager en faveur de la biodiversité ? Quand l’émotion vient face au sourire d’un enfant, comment ne pas concevoir l’action publique comme la nécessité de mettre l’homme au cœur de la politique et non les seuls intérêts financiers et matériels ?

Aimer l’Homme et son environnement naturel sont peut-être les deux meilleurs moyens d’être sensibilisés à leur fragilité et à la nécessité de garantir la dignité humaine et la pérennité de la planète.

16/11/2007

Xavier Bertrand : Portrait d’une ascension fulgurante

Alors que s’amplifie le mouvement de contestation de la réforme des régimes spéciaux de retraite, Double Regard vous propose un portrait du Ministre du Travail, des Relations Sociales et de la Solidarité Xavier Bertrand, qui joue à quitte ou double dans ce conflit.

Il figurait en troisième position parmi les personnalités politiques pressenties pour le poste de Premier Ministre, après François Fillon et Jean-Louis Borloo, suite à l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée en mai dernier. A 42 ans, l’ascension politique de cet assureur privé est fulgurante. Militant au RPR depuis l’âge de 16 ans, il fait campagne en 1992 pour le «Non» au Traité de Maastricht. Elu député de l’Aisne en 2002, après avoir été à l’origine en tant qu’élu local de la plage de Saint-Quentin, manifestation similaire mais antérieure à Paris-Plage, le parlementaire UMP se fait connaître et apprécier au Palais-Bourbon comme rapporteur du projet de loi réformant les régimes de retraites en 2003. L’année suivante, il est nommé Secrétaire d’Etat à l’Assurance Maladie au sein de gouvernement Raffarin III, auprès du Ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy. Lors de l’arrivée à Matignon en 2005 de Dominique de Villepin, suite à la victoire du «Non» au référendum sur le projet de traité établissant une Constitution pour l’Europe, Xavier Bertrand reprend le portefeuille ministériel de Philippe Douste-Blazy, nommé au Quai d’Orsay. Il est le dernier juppéiste du gouvernement après la non reconduction de Xavier Darcos et Eric Woerth au sein de l’exécutif formé par Dominique de Villepin. Rallié tardivement à la candidature de Nicolas Sarkozy, Xavier Bertrand représentait aux yeux du candidat de l’UMP une «proie» de choix : jeune, provincial, rond, non-énarque, doté d’une capacité de travail impressionnante (il ne dort que cinq heures par nuit) et incarnant une réelle success-story politique. Quand le Ministre de la Santé prend acte du décès du chiraquisme faute de relève, Xavier Bertrand devient l’un des deux porte-parole de la campagne du candidat Sarkozy. Alors que la victoire de Nicolas Sarkozy est au rendez-vous le 6 mai 2007, l’hypothèse de sa nomination à Matignon est évoquée. «Cela ne serait pas lui rendre service», aurait déclaré le Président de la République. En le nommant à l’un des postes les plus exposés du gouvernement, le tandem Sarkozy-Fillon l’a placé sur un siège éjectable. Qui pourrait aussi se transformer en tremplin en or en cas de succès sur le terrain social.

Quoi qu’il arrive, Xavier Bertrand n’a que 42 ans, ce qui en politique – française - n’est bien souvent que l’âge du dépucelage. Le Ministre du Travail ne joue donc dans cette réforme que la rapidité de son ascension politique, à travers sa capacité à réaliser ou non une réforme sur laquelle bon nombre de gouvernements de gauche comme de droite se sont heurtés par le passé.

13/10/2007

Le front du refus s’étend

Dégueulasse, vous dites ? Le franc-parler de Fadela Amara ne me gêne pas. Bien au contraire. Certaines fonctions gouvernementales comme le poste de Ministre des Affaires Etrangères actuellement occupé par Bernard Kouchner nécessitent davantage de diplomatie et de finesse dans l’expression publique. Certainement pas un Secrétariat d’Etat à la Politique de la Ville, a fortiori confié à un Ministre d’ouverture. Fadela Amara a beaucoup agacé du côté de certains parlementaires UMP qui ont mal digéré la politique d’ouverture du Président de la République. En premier lieu car cette politique les prive de strapontins ministériels auxquels ils aspirent depuis des années, voire plus pour certains. La palme d’or de la frustration revient incontestablement au député UMP de Paris Claude Goasguen, qui a ainsi affirmé : "Je trouve que d'avoir traité de 'dégueulasse' cet amendement, c'est un peu 'dégueulasse' pour tout dire. Que ce soit un ministre d'ouverture ou un ministre de fermeture, un ministre c'est un ministre". Parler de ministre de fermeture, c’est vraiment crier tout haut sa déception de ne pas faire partie du gouvernement Fillon. Un peu de patience, Monsieur le Ministre Goasguen, le poste de Valérie Pécresse qui serait à mon avis tout à fait susceptible de vous convenir sera probablement vacant avant 2012… D’ici-là, pitié, ne faites pas de l’ouverture le bouc-émissaire des malheurs d’élus UMP en quête de reconnaissance. N’oubliez pas que sans cette politique d’ouverture au centre et à gauche, les lois votées cet été au Parlement n’auraient jamais pu l’être dans des conditions clémentes. Le bouclier fiscal, la quasi suppression des droits de succession, les peines planchers pour les multirécidivistes, etc., mesures voulues par des ministres de fermeture, ont été rendues possibles grâce à la présence au sein du gouvernement Fillon de ministres d’ouverture. Qui ont eux aussi le droit de s’exprimer librement, a fortiori quant il s’agit de défendre des valeurs auxquelles notre Nation est collectivement attachée. Après Fadela Amara, la voix du chanteur pied-noir Enrico Macias s’est fait entendre jeudi dernier à l’occasion d’une interview donnée au quotidien gratuit 20 Minutes. Considérant les test ADN comme une «idée honteuse», l’homme de gauche devenu soutien de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle a indiqué que cette proposition lui «rappelle le temps où on stigmatisait des gens parce qu’ils étaient juifs». Sage rappel qui vient après celui plus inattendu de l’ancien Ministre de l’Intérieur Charles Pasqua. Face à ce front du refus inédit, allant de Charles Pasqua à Olivier Besancenot en passant par François Bayrou, Dominique de Villepin, Martin Hirsch, Christine Boutin, Bernard Kouchner ou encore le Président du Conseil d’Orientation de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration Jacques Toubon, le positionnement du Président Sarkozy est plus que jamais nécessaire et attendu.

02/10/2007

De l’utilité d’une assemblée de sages en démocratie

La Commission des Lois du Sénat a rejeté la semaine dernière l’amendement Mariani adopté par la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale instaurant la possibilité de tests ADN pour les candidats au regroupement familial. La Haute Assemblée examine à nouveau l’amendement en session ce mardi. Cet amendement fort polémique a été proposé par le député UMP du Vaucluse, qui incarne l’aile droite du grand parti de la droite et du centre. Pour mémoire, Marine Le Pen a publiquement par le passé proposé à Thierry Mariani de rejoindre le Front National, constatant le peu de différences entre leurs valeurs. Cet amendement a soulevé un lever de boucliers à la fois au sein des ONG de défense des droits de l’homme, des principaux responsables religieux, de l’opposition de gauche mais également de la part de ministres du gouvernement Fillon (au-delà des seuls ministres d’ouverture) et de parlementaires de l’UMP. Le débat actuellement en cours illustre bien l’existence d’une droite plurielle au sein de laquelle figure un courant humaniste, résolument opposé au primat de la génétique en politique. L’opposition à l’amendement Mariani va même au-delà de la droite humaniste, puisque l’ancien Ministre de l’Intérieur et Sénateur des Hauts-de-Seine Charles Pasqua s’est publiquement affirmé contre la possibilité de tests ADN pour les candidats au regroupement familial : «Cela rappelle de mauvais souvenirs, à nous gaullistes. On sait l'usage qu'ont fait les nazis de la génétique». Sage rappel pour les partisans de l’amendement Mariani, Brice Hortefeux en premier lieu, trop jeunes pour être marqués à vie par la barbarie nazie. Au-delà de l’histoire, cet amendement s’il était adopté porterait profondément atteinte à la conception même de la filiation défendue par notre Etat de Droit. Je suis ainsi tenté de faire mienne cette déclaration du Sénateur-Maire de Saint-Etienne (UMP-Parti Radical) Michel Thiollière: «Outre les drames familiaux que pourrait entraîner cette mesure, cette disposition instaurerait aussi une discrimination de fait entre les enfants biologiques et les enfants adoptés et réduirait la parentalité à une détermination biologique».

30/08/2007

Un parcours plus qu’honorable

Pierre Messmer est mort hier à Paris à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce. L’annonce de sa mort a coïncidé avec les funérailles d’un autre ancien Premier Ministre français des années 70, le centriste Raymond Barre. A la différence de celui que Valéry Giscard d’Estaing considérait comme le meilleur économiste de France lorsqu’il l’a nommé à Matignon en 1976, Pierre Messmer incarnait une génération d’hommes d’Etat authentiquement gaullistes, pour qui ce qualificatif pouvait correspondre à une réalité objective. N’oublions pas que Pierre Messmer s’était engagé dans la Résistance au sein des forces françaises libres, et qu’il a été nommé par la suite Chancelier de l’ordre de la Libération. Une belle figure de la Résistance, dont la carrière politique a culminé à Matignon entre 1972 et 1974, après avoir été entre autres Ministre des Armées de 1960 à 1969 et Ministre de l’Outre-Mer en 1971. Par ailleurs élu local, Pierre Messmer fut Maire de la commune de Sarrebourg (Moselle) entre 1971 et 1989. Homme de lettres, le second Premier Ministre de George Pompidou était jusqu’à sa mort hier Chancelier honoraire de l’Institut de France et membre de l’Académie française. Tout le monde ne peut prétendre à un tel parcours… Au revoir, Monsieur le Premier Ministre.

   

25/08/2007

Castro est-il mort ?

Non, ce n'est pas une chasse au scoop. Non, ce n'est pas non plus une révélation. Mais oui, c'est une véritable question : j'ai lu ici et là, sur plusieurs blogs américains, et j'ai entendu quelques personnes le dire de bonne foi, il paraîtrait que Fidel Castro, le Lider Maximo, a passé l'arme à (l'extrême-)gauche.

Je ne suis bien évidemment sûre de rien, n'ayant aucun contact particulier avec la communauté cubaine aux Etats-Unis, ni aucun contact avec les Cubains en général d'ailleurs. Et je n'ai encore rien lu sur ce sujet en France.

Alors je voudrais juste savoir : vous, lecteurs, avez-vous entendu parler de quelque chose ?

   

 

   

 

N.B. 25.08.07 : Bon, je ne connais toujours pas l’état de santé de F. Castro, mais, en tout cas, une personnalité politique française vient de décéder, pour sûr. Un hommage à Raymond Barre, Premier Ministre de la République Française de 1976 à 1981, homme politiqué très apprécié des Français jusqu'en mars dernier où, en saluant la mémoire de Maurice Papon, décédé quelques jours auparavant, il le définit comme "un grand commis de l'Etat". Il ajoute que B. Gollnisch est "un homme bien". Et il s'en (re-)prend au lobby juif. Une véritable zone d'ombre pour "le meilleur économiste de France".