L’adieu au pouvoir du plus vieux dictateur du monde
N’en déplaise à Ignacio Ramonet, directeur du Monde Diplomatique, thuriféraire du Lider Maximo, n’en déplaise au postier trotskyste Olivier Besancenot, n’en déplaise à l’ancienne première dame de France Danielle Mitterrand, Fidel Castro est objectivement le plus vieux dictateur du monde. 2008 – 1959 = 49 ans, soit près d’un demi-siècle de pouvoir concentré entre les mains d’un homme et d’un clan.
Certes, le bilan de Castro est à nuancer par de vraies réussites dans le domaine de la santé et de l’éducation… au bénéfice de ceux qui ont eu la « sagesse » de renoncer à la jouissance de leurs libertés fondamentales.
Nous trouverons encore en France en 2008 un certain nombre de fossiles archéo-idéologues de mauvaise foi pour affirmer que des progrès dans les domaines de la santé et de l’éducation peuvent bien faire oublier l’absence de multipartisme, les violations des droits de l’homme, les milliers de morts de la dictature cubaine. Socialisme réel, que de crimes commis en ton nom ! La gauche française comprend heureusement en son sein de vaillants défenseurs des droits de l’homme à l’instar du très courageux député Vert de Gironde Noël Mamère qui ne cesse de critiquer l’attitude complaisante et complice de certains responsables de gauche comme Olivier Besancenot à l’égard de Fidel Castro.
Il faut visionner et revisionner les interviews de Fidel Castro par Ignacio Ramonet pour observer la fascination sans bornes de l’intellectuel français pour le dictateur cubain et comprendre la tragédie de l’aveuglement d’une trop grande partie de la gauche française pendant des décennies, et encore pour une partie en 2008.
Il est vrai que le personnage a (ou plutôt avait) de quoi séduire, tant par son charisme que par son parcours hors du commun.
Il n’en reste pas moins que cet homme a des comptes à rendre au peuple cubain et à l’ensemble de la communauté internationale sur les violations des droits de l’homme dont il est responsable.
Raul Castro, nouvel homme fort ( ?) de Cuba, porte la lourde responsabilité d’assurer la transition du régime de son frère vers la démocratie ou bien au contraire de sauver ce qui peut l’encore être du castrisme version Fidel.
De par son âge et son absence totale de charisme, Raul Castro n’a vocation qu’à être un leader de transition. Reste à espérer que cette transition aille dans le bon sens et que des prisonniers politiques comme les 75 dont les noms suivent pourront prochainement retrouver la liberté :
Les 75 personnes dont les noms suivent ont toutes été arrêtées lors de la répression en mars 2003, et ont été ultérieurement condamnées à un emprisonnement dans des conditions très rudes à la suite de procès sommaires. Amnesty International les considère comme des prisonniers d’opinion, incarcérés uniquement pour avoir exercé de manière pacifique leurs libertés fondamentales.
Cette liste contient les informations dont dispose Amnesty International au moment de la rédaction de son rapport en juin 2003 :
Nom du prisonnier – Peine d’emprisonnement
Nelson Alberto Aguiar Ramírez |
13 ans (100) |
Osvaldo Alfonso Valdés |
18 ans |
Pedro Pablo Alvarez Ramos |
25 ans (101) |
Pedro Argüelles Morán |
20 ans (102) |
Victor Rolando Arroyo Carmona |
26 ans (103) |
Mijail Barzaga Lugo |
15 ans (104) |
Oscar Elías Biscet González |
25 ans (105) |
Margarito Broche Espinosa |
25 ans (106) |
Marcelo Cano Rodríguez |
18 ans (107) |
Juan Roberto de Miranda Hernández |
25 ans (108) |
Carmelo Agustín Díaz Fernández |
16 ans (109) |
Eduardo Díaz Fleitas |
21 ans (110) |
Antonio Ramón Díaz Sánchez |
20 ans (111) |
Alfredo Rodolfo Domínguez Batista |
14 ans |
Oscar Manuel Espinosa Chepe |
20 ans (112) |
Alfredo Felipe Fuentes |
26 ans |
Efrén Fernández Fernández |
12 ans (113) |
Juan Adolfo Fernández Sainz |
15 ans (114) |
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