Ce post a été rédigé hier mais
n’a pu être publié hier pour cause de non-accessibilité à ce blog.
Après les scandales de ces dix
dernières années, le cyclisme essaie toujours de combattre le dopage. Il en va
de sa crédibilité en tant que sport.
Après l’affaire Festina en
1998, on nous avait promis un Tour (de France) propre, on allait voir ce qu’on
allait voir. Dix ans après, on est venus, on a vu, et le Tour n’a toujours pas
vaincu.
Le dopage est un fléau pour le
cyclisme, les coureurs n’ont plus de crédibilité. S’ils gagnent, chacun les
soupçonne d’avoir triché, s’ils perdent, tout le monde s’en moque. Ce n’est pas
le seul sport qui soit touché par ce phénomène biotechnologique, mais c’est
celui où c’est le plus visible et le plus criant.
Les chaînes de télévision
allemandes qui participent au financement du cyclisme à travers les droits de
diffusion télévisuels, avaient menacé d’arrêter de retransmettre le Tour de
France si le dopage était prouvé au sein des équipes cyclistes allemandes.
C’était une solution, selon eux, pour endiguer ce fléau. L’argent est le nerf
de la guerre. S’il n’y a plus d’argent à cause du dopage, alors les cyclistes
vont arrêter de se doper. Ça avait au moins le mérite d’être clair, et dit à
l’avance.
Mais, coup d’épée dans l’eau,
Sinkewitz a été convaincu de dopage au début du Tour de France, ARD et ZDF ont
arrêté de retransmettre le Tour sur leurs chaînes. Visiblement, pas la
meilleure solution.
Aujourd’hui, c’est un des
favoris, A. Vinokourov, qui viendrait de tomber pour cause de dopage (à l’heure
où j’écris, les contre-expertises n’ont pas encore été publiées, il y a une
présomption d’innocence, j’emploie donc le conditionnel). Son équipe, Astana,
vient d’annoncer qu’elle se retirait de cette Grande Boucle.
Quand le dopage sportif
s’arrêtera-t-il ?
Le cyclisme est un peu l’arbre
qui cache la forêt. Les autres sports sont également touchés mais c’est moins
criant. Il faut dire que, par exemple pour le tennis ou le football, être dopé
permet d’améliorer sa résistance physique mais ne vous fait pas faire des coups
ou des passes de génie pour autant. C’est quelque chose qui manque au cyclisme.
Il y a également le fait que
c’est une course (sans jeu de mots) entre les cyclistes et les médecins d’une
part, et les instances officielles d’autre part. Chacun sait bien que courir
200 kms par jour en montagne, en plat, en contre-la-montre pendant trois
semaines met la santé à rude épreuve. Un coup de fatigue plusieurs jours n’a
rien d’anormal. Donc les cyclistes essaient de se prémunir, avec l’aide des
biotechnologies et de certains médecins, de ces coups de barre tandis que les
organisations des courses luttent pour détecter les nouvelles manières de se
doper. L’officiel court toujours après le médecin.
Alors la solution ?
Je dois avouer, je suis assez
pessimiste. Je ne vois pas de solution dans l’immédiat. Il y a une véritable
prise de conscience au niveau du grand public sur les risques très élevés
qu’encourent les cyclistes au niveau de leur santé, et sur le fait que les
résultats et les records ne veulent plus dire grand chose. On ne récompense pas
le meilleur cycliste mais le meilleur médecin.
Il faudrait une prise de
conscience de tous les coureurs. Mais le problème est l’argent. Tant qu’il y a
de l’argent en jeu, certains seront prêts à tout pour en gagner, même -et
surtout- à risquer leur vie. Il faudrait alors revenir au sport amateur. Pour
l’instant, ce n’est pas la décision prise, et je vois mal comment ça pourra
l’être un jour. Peut-être que s’il n’y a plus de spectateurs, alors il n’y aura
plus d’argent. Et le cyclisme sera obligé de prendre des mesures radicales
contre le dopage. Mais ensuite, eh bien, il lui faudra regagner la crédibilité
des spectateurs, ça prendra énormément de temps.
Je vois donc plus un statu quo
dans l’immédiat. Des instances officielles qui combattent le dopage, et des
coureurs qui ne se font pas prendre. Tant qu’ils ne sont pas convaincus de
dopage, la situation peut perdurer, le problème est s’il y a trop de coureurs
pris.
A m’entendre parler, je donnerais presque
l’impression d’être pour une continuation du dopage. C’est faux. Je pense juste
que chaque coureur devrait lutter à armes égales. Plus de dopage pour personne,
et des courses revues pour des coureurs, pas des sur-hommes. C’est une
hypocrisie générale de penser qu’un coureur normalement constitué, entraîné
mais pas dopé, peut avaler trois semaines de Tour avec des étapes de 200 kms
sans problème.