Cette dernière semaine semble constituer une nouvelle série noire pour l’aviation civile, après le terrible crash de Madrid-Barajas du 20 août dernier d’un avion MD-82 de la compagnie Spanair en partance pour les Canaries, la pire catastrophe aérienne en Espagne depuis 1985. Depuis cet accident, un autre crash est intervenu au Kirghizistan, un Boeing 737 de la compagnie Itek Air s’écrasant peu après le décollage de l’aéroport international de Bishek-Manas alors qu’il se devait se rendre en Iran.
Par ailleurs, d’autres incidents touchant des compagnies aériennes pourtant renommées ont été relayés par les médias : appareil d’Air Dolomiti, filiale de Lufthansa, devant renoncer à décoller de l’aéroport de Munich-Strauss pour cause d’alerte à la fumée, Boeing 737 de la compagnie lowcost EasyJet (Voir photo d’un Airbus A319 de la compagnie EasyJet stationné à l’aérogare d’Orly-Sud près de Paris le 24 août 2008) à destination de la Sardaigne détourné sur l’aéroport de Nice-Côte d’Azur en raison d’un incident technique, Boeing 737 de la compagnie lowcost irlandaise RyanAir victime d’une dépressurisation de la cabine ayant dû atterrir en urgence à Limoges-Bellegarde, sortie de piste d’un Boeing 747 de la compagnie Air France à l’aéroport de Montréal-Trudeau… le tout en une semaine.
Ce n’est pas la première fois que les accidents ou incidents aériens semblent s’enchaîner. A chaque fois, face à l’émotion soulevée par de tels drames, les mêmes interrogations ressurgissent et les doutes réapparaissent sur la sécurité du moyen de transport pourtant le plus sûr au monde.
Le sujet est éminemment politique. Or c’est à ce niveau que le bas blesse. A l’heure de l’UE à 25, une réelle coordination des autorités nationales s’impose en matière de sécurité aérienne. Un seuil exemple, concernant la compagnie aérienne turque Onur Air (Voir photo d’un Mac Donnell Douglas de la compagnie Onur Air sur le tarmac de l’aéroport d’Istanbul-Atatürk le 6 juillet 2008) Cette dernière a fait l’objet d’une interdiction de vol aux Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne et en France au printemps 2005, entraînant un repli des vols de la compagnie qualifiée par certains de « poubelle » sur l’aéroport belge de Charleroi !
De qui se moque-t-on ? Soit la compagnie aérienne Onur Air est avérée réellement dangereuse en matière de sécurité aérienne, et dans ce cas une interdiction de vol doit s’opérer au minimum dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, soit celle-ci est infondée et l’autorisation de vol doit s’appliquer à l’intégralité des Etats membres de l’UE. S’il y a bien un domaine où l’Union européenne peut s’avérer performante et relativement consensuelle, c’est bien celui de la sécurité aérienne. Nous en sommes encore visiblement bien loin…


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