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15/08/2007

Commentaires

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Julien Tolédano

Beau texte, qui recèle force sincérité. J'en apprends beaucoup que j'ignorais sur ton parcours intellectuel et idéologique.
Avec le recul, je comprends et partage-cela peut surprendre- ton sentiment quant aux étudiants de Sciences Po.
Mais je voudrais y apporter un tempérament, qui permettra d'atténuer (et à mes yeux de relégitimer les étudiants de gauche dans leur ensemble, en ne se limitant pas aux givrés de Sciences Po):
-Dans leur majorité, les étudiants "de gauche" de Sciences Po (majoritaires, si l'on en croit études, élections étudiantes...) sont d'une catégorie très particulière (et très minoritaires chez les gens de leur classe d'âge): la Deuxième gauche, rocardienne, pro-mondialisation; d'où le manque d'ouverture d'esprit parce que leur positionnement à gauche est réductible à des questions de principe, sociétales (féminisme soft, libéralisme culturel et ouverture "internationale": il faut être de gauche parce que la droite pue, ce sont des réacs, des écervelés, mais jamais on ne les entend aller vraiment sur le fond, le programme, le projet de société de la droite...
La levée de boucliers anti-FN (et pourtant, en secret,il y a bien quelques étudiants qui avaient voté Le Pen) était d'autant plus risible qu'elle était totalement découplée du peuple, des luttes sociales...Ces petits-bourgeois bobo, que l'on cotoyait, n'attendaient qu'à avoir des postes bien payés et planqués dans les institutions et dans les entreprises (aujourd'hui, ils sont DRH, chargés de communication, fonctionnaires à l'Assemblée...).

PYB

Merci pour ton commentaire. Je suis ravi de constater que nous avons des convergences sur l’attitude des étudiants de Sciences Po proches de la deuxième gauche dont ta description me fait d’ailleurs sourire mais qui est assez fidèle à la réalité. Ton commentaire soulève en moi une seule interrogation : En quoi la lutte contre le FN et ses idées serait-elle naturellement sincère et respectable quant elle est provient d’un individu issu d’un milieu populaire et hypocrite et risible quant elle résulte de l’attitude d’un bourgeois, bobo ou non ?
Par ailleurs, que t’inspirent les excès de l’antiracisme que je décris dans ce post ?
Amitiés.
PY

Julien Tolédano

Pierre-Yves,

Merci d'ouvrir un débat. Je crois que l'antiracisme n'est pas négociable et je ne suis pas sûr qu'il y ait des "excès" dans ce domaine: ce que tu décris est juste mais l'anti-lepénisme primaire me paraît (aujourd'hui, car j'ai compris rétrospectivement ce qu'il y avait de débile dans les manifs post-21 avril, j'y viens) plus débile et symptomatique d'un réductionnisme intellectuel d'une certaine gauche française que...l'antiracisme/l'antisexisme, y compris "primaire".
Les attaques de droite d'aujourd'hui contre "le terrorisme intellectuel de gauche" sont d'autant plus difficile à contrer (tu n'emploies pas, heureusement, cette expression galvaudée) qu'elles ciblent cette culture de deuxième gauche, empreinte de supériorité petite-bourgeoise, de manichéisme sociétal...
A Sciences Po, dans les milieux syndicaux type CFDT, dans les médias "parisiens", sur France Culture etc.. on a ce cocktail vain d'intellectualisme hypocrite, de mépris réel pour le "populaire", d'hypocrisie par rapport à la pauvreté, qui est pour moi la première cause du racisme, du sexisme...
Te rappelles-tu notre discussion au Centre Pompidou autour du thème des femmes battues ?

Pour en venir au 21 avril, puisque tu y fais allusion et que nous l'avons vécu à plein, à Sciences Po, ces mobilisations (de grande ampleur quand-même) étaient celles d'étudiants parisiens, la plupart "ayant les moyens" de...L'extrême-gauche y avait participé et leur présence, bien qu'elle ne fut pas naive (LO,LCR), m'avait montré à quel point même ces militants vivent dans l'instant, dans l'affect, dans l'absence de formulation d'un projet,à quel point ces luttes sont individualistes et petites-bourgeoises, bien loin du vrai élan de mai 68, des vraies mobilisations de décembre 86 ou de celles, bien plus justes et "motivées", autour de CPE en mars dernier.

Le problème que tu me poses est celui de l'attitude des ouvriers, des milieux populaires: eux ne se mobilisent plus, c'est bien vrai; eux soutiennent Sarkozy comme ils ont massivement soutenu le FN, jusqu'à ce que Sarkozy le fasse dégonfler, c'est également vrai: c'est tout le problème de notre époque et du défi qui est posé à la gauche: tant que la gauche ne se sera pas débarrassée de ces oripeaux "Deuxième gauche", qu'elle ne sera pas une gauche qui colle à la société et à ses aspirations, y compris à plus d'individualisme (mais pas uniquement), les mobilisations anti-Sarkozy ou anti-Le Pen prendront la forme de luttes foncièrement conservatrices, mobilisées dans l'instant autour de pauvres mots d'ordre, sans lendemain, sans autre visibilité que médiatique...
Je ne sais pas quoi dire d'autre car je ne sais pas à quoi doivent ressembler les mobilisations sociales de la gauche demain: elles restent à inventer...

Agathe

Pour ma part, si je peux intervenir un tout petit peu dans le débat, après le 21 avril, j'ai toujours refusé d'aller manifester. Je n'en voyais pas l'intérêt.

Premièrement, les manifestations sont une culture de gauche, et ce n'est un secret pour personne, j'ai été élevée à droite (genre UMP).
Deuxièmement, pourquoi aller manifester alors que le résultat était l'expression du peuple ? Il n'y avait pas eu trucage comme dans certains pays d'Afrique par ex. Une grosse partie des gens qui manifestaient (pas tous, loin de là) était des gens qui avaient préféré aller en vacances, en week-end, bref qui ne s'étaient pas déplacés. Il y avait quelque chose dans ce comportement qui me posait problème : on ne va pas voter, mais on manifeste quand le résultat du vote est contraire à ses attentes.

Le seul point positif de ces manifestations est l'image que ça a donné à l'étranger : 1 million de Français (le 1er mai) refusant l'extrêmisme.


Et deux petites choses que je n'ai pas aimées non plus :

- l'obligation d'être moutonnier. Vous étiez obligés de manifester pour prouver que vous n'aviez pas voté Le Pen.

- l'absence de réflexion. Tous les politiques (de la droite à la gauche : un beau moment d'union nationale), le dimanche soir, l'air désespéré, disant que le résultat était très grave pour la démocratie et appelant d'un même élan à voter Chirac. Je ne dis pas que ce n'était pas la chose à faire, mais l'absence de débat était réellement préjudiciable.


Cette confiscation du débat, cet ostracisme des gens du FN (avant de les clouer au pilori, on aurait pu au moins essayer de les comprendre), m'ont même fait hésiter.... Rien que pour emm..., j'avais bien envie de voter Le Pen même s'il ne représentait pas mes idées. Finalement, le dimanche du vote, je me suis reprise (en me disant que, s'il passait, je le regretterais), mais j'ai vraiment compris les électeurs du FN à ce moment-là.

FrédéricLN

Bonjour, merci pour ce post passionnant (surtout pour moi qui n'ai fait ni Censier ni Sciences Po !).

Juste une petite remarque "le principe même de la photographie ayant tendance à faire moins bien ressortir la couleur noire que des couleurs plus claires" : mon esprit critique me suggère que non ! (le "blanc" des peaux blanches est aussi éloigné du blanc que le "noir" des peaux noires est éloigné du noir). C'est le réglage "usine" des appareils photo qui change (ainsi que le comportement des photographes, pour le cadrage et l'exposition) ...

En pratique, sur les photos prises en Afrique noire, par exemple dans les journaux de ces pays, les visages "noirs" sont très reconnaissables, tandis que les "blancs" sont uniformément blafards.

Ce qui ne change rien à l'anecdote que vous racontez. Juste à l'origine du problème !

PYB

Merci à Agathe, Julien et Frédéric pour vos commentaires.
Frédéric, je vous remercie tout particulièrement pour cette mise au point concernant le réglage "usine" des appareils photos, j'avoue m'être avancé un peu trop vite sur ce sujet.
Julien, l'analyse que tu développes est je trouve très intéressante. Ta conclusion "Je ne sais pas à quoi doivent ressembler les mobilisations sociales de la gauche demain: elles restent à inventer..." illustre à merveille l'état actuel de la pensée de gauche en France: le corpus idéologique de la gauche et sa raison d'être restent à créer. Merci pour ta sincérité.

Julien Tolédano

Pierre Yves,

Je suis d'accord avec Frédéric concernant les photos: les traits noirs peuvent être "malmenés" (ce qui est surement sur le cas sur les photos de signalements policiers) mais être bien plus reconnaissable sur d'autres photos: tout dépend bien sûr de la luminosité...

Désolé pour cette agression...

le chafouin

Très intéressant...
Je partage beaucoup de vos opinions sur l'antiracisme, sur le politiquement correct de gauche (et de Sciences Po) et sur l'attitude quasi-totalitaire de certains au lendemain du 21 avril...
Je comprends votre itinéraire. Pour ma part, j'en suis encore à la maturation de mes idées.
Je sens d'ailleurs le même problème vis à vis de la droite (du moins française), car je la trouve souvent plus rationnelle que la gauche, moins idéaliste sur le papier, et en même temps, si inefficace à résoudre les problèmes qui se posent à notre pays...
Cela rejoint d'ailleurs ce que vous dites au début de votre post, à savoir qu'il y a des idées positives dans tous les camps "non-radicaux". Le gros problème, c'est que le clivage droite-gauche est encore trop marqué dans notre pays. Et qu'il faut bien choisir entre deux partis dominants (la tentation bayrouiste ayant du plomb dans l'aile), ou du moins, entre deux familles d'idées.
Merci en tout cas pour ce post très instructif.

le chafouin

Juste un dernier mot : en fait, j'attends vainement, pour ma part, des idées qui tentent de favoriser l'intérêt général plutôt que de répondre à un marketing politique visant à favoriser les "classes" dont on peut espérer obtenir le vote.
Ce sera long, je crois!;)

Eric M.

Bonsoir Pierre Yves,

Quel ‘coming-out’ !
Je passais par là, après rédaction d’un post sur mon propre blog, juste pour voir ce que mes amis avaient en tête à l’instant présent. Je n’ai pas été déçu du voyage … comme d’hab !

Et même à 01 :30 du matin … je prends la plume.

Je passe sur l’analyse comportementale du milieu étudiant en général, et de Sciences-Po en particulier. Mes propres références sont plutôt de Mai 68 ! Et il faut avoir vécu les votes en AG de cette époque pour apprécier la dictature morale des minorités dites bien-pensantes sur les intellects en formation de la classe étudiante dans son ensemble.

Il y a, et ce fut le cas de tout temps, une bien pensance de gauche dans le milieu éducatif.
Ce qui est étonnant c’est que ce carcan intellectuel perdure à l’âge adulte !
Qui connaît un ‘prof’ qui ose affirmer haut et fort des convictions de droite ?! Et pourtant je suis sûr que la proportion gauche-droite ne peut qu’être conforme à la moyenne nationale dans un corps de plus de 100 000 foyers ; il ne peut en être autrement, statistiquement s’entend. Alors ?!

Stop ! Non je ne suis pas venu faire un panégyrique de la pensée de droite, humaniste ou pas, non, je suis juste venu témoigner que tout homme qui se respecte ne peut qu’être humaniste. Vous avez raison. Vous raisonnez sainement. Cela ne m’étonne pas.

Mais, …, il y a un ‘mais’, les choses ne peuvent pas être résumées /cataloguées aussi simplement. Ce serait trop facile.

En ce qui me concerne, j’ai exclusivement voté à droite, depuis maintenant près de 40 ans, pour la droite républicaine, et pourtant, mes amis qui me font le plaisir de lire mes ‘billets’ me qualifient d’intellectuel de gauche ! Cherchez l’erreur !

J’ai aussi des amitiés ‘scélérates’ avec des élus de gauche, comme des inimitiés fortes avec des hommes politiques de droite.

Alors pour faire court : portefeuille à droite et cœur à gauche … pourquoi pas ?!

Je préfère dire : tout dogmatisme m’insupporte (la gauche est championne du monde en la matière), homme d’entreprise je suis un farouche défenseur du pragmatisme et du libre-échange, et enfin, catholique convaincu, j’essaie de respecter, sincèrement mais sans vrai succès, les Evangiles.

Je pense sincèrement que 90% du corps électoral ‘silencieux’, largement majoritaire dans toute démocratie mature, doit faire face à ces contradictions ; et pourtant l’électeur, à l’instant ‘t’, doit faire un choix qui le destinera à être lui-même catalogué alors même que la boite qu’on lui propose est réductrice.

Alors, l’important, …, c’est la sincérité, c’est le libre-arbitre, c’est la cohérence, c’est l’équilibre, c’est faire un choix.

Et je terminerai sur l’importance de ce choix, sur une certaine fidélité et/ou constance : on ne peut pas passer sa vie à être opportuniste, il faut, comme vous le faites si bien, analyser, conceptualiser, se déterminer et choisir le moins pire. Il faut une certaine constance car c’est le seul moyen de ‘participer’. L’alternance est un bien fondamental, mais c’est dans la durée que les ‘lignes’ bougent. Un pays ne peut pas passer son temps à faire un pas en avant et trois pas en arrière.

Cela donne d’autant plus d’importance à des démarches telle celle de Roger Hanin, communiste avéré, qui a néanmoins pris une position publique forte à l’occasion du discours de Périgueux prononcé par Nicolas Sarkozy.

Lequel Nicolas Sarkozy devrait vous satisfaire, pas par son pragmatisme qui m’enchante, mais par son refus de tout dogme et son ouverture à la pensée constructive, d’où qu’elle vienne, pourvu que cela soit favorable à la solution du problème posé sans chercher à cataloguer la dite solution de droite ou de gauche. Sa démarche ne peut qu’aller vers l’intérêt général si celle-ci passe par le consensus issu du dialogue.

Amitiés à vous deux.

Eric

PS. : PY je ne suis pas du tout d’accord sur votre avis sur la vie politique en province, du moins dans les communes rurales, les communes de moins de 10 000 habitants, nombreuses. Dans ces communes la politique politicienne fait place à un choix motivé essentiellement par les qualités de l’individu à qui l’on colle une étiquette pour des questions statistiques, budgétaires et d’appareil ; l’électeur n’en tient pas compte; et finalement son choix est certainement plus motivé que celui de l'électeur du XVIéme ou de celui du 9-3.

PYB

Merci, Julien, Le Chafouin et Eric, pour vos commentaires récents. Je souhaiterais juste apporter quelques précisions sur ma vision de la politique en milieu rural. Autant j’ai un certain agacement face au conservatisme, au pessimisme et à la peur du changement de bon nombre d’habitants vivant en zone rurale, qui par ailleurs s’expliquent par un mode de vie en «circuit fermé» plus important qu’en milieu urbain, autant l’engagement politique en milieu rural est bien souvent motivé par le sens de l’intérêt général, la sincère volonté d’aider ses concitoyens et surtout le dépassement du clivage droite-gauche et des idéologies en tout genre au profit de solutions pragmatiques. J’ai pu notamment le constater à titre personnel en ayant organisé la campagne électorale d’un candidat aux élections cantonales dans le Loir-et-Cher en 2004, dans un canton très rural où le chef-lieu de canton compte 7000 habitants.
Par ailleurs, je tiens à confirmer qu’en effet, Eric, j’apprécie beaucoup le refus de tout dogme de notre nouveau Président de la République ainsi que son pragmatisme et son sens de l’ouverture.

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